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Politique et Médias, engagement des journalistes et transparence

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Les médias ne cachent pas leur appartenance à un bord politique. Que ce soit les  journaux, chaînes TV ou radios, ces supports n’hésitent pas à pousser le militantisme parfois jusqu’au choix des couleurs de leur support ou encore des icônes les représentant. Il est parfaitement acceptable que ces industries ont le libre choix quant à leur orientation politique tout comme les acteurs qui les composent. Ce qui l’est moins, c’est lorsque le contenu de ces médias est uniquement motivé par leur appartenance politique que la transparence journalistique est bafouée. Après tout, n’existe t’il pas un code de déontologie du journalisme qui vise à amener une vision juste d’un phénomène ? Selon moi, le professionnalisme d’un journaliste se mesure dans le fait de ne pas laisser ses choix influencer son travail mais à analyser les enjeux réels derrière les débats de différentes parties.

Le passé nous a démontré que lorsque la politique s’initiait dans les médias cela était parfois synonyme de mensonge organisé comme par exemple une dizaine années auparavant avec les États-Unis, qui ont lancé leur armée à l’assaut de l’Irak sous prétexte fallacieux que ces derniers disposaient d’armes de destruction massive.

Comment alors, un médium qui se doit d’informer peut exercer son devoir et prétendre supporter un bord politique qui -nous le savons- est bien loin d’être aussi transparent qu’on le pense ?

Les campagnes électorales sont le meilleur moyen d’observer avec quelle facilité les idées politiques transparaissent à travers l’actualité médiatique. Le moindre fait divers politique est souligné par un article ou chronique dans tous les médias du pays, à tel point que durant cette période, l’actualité devient presque une grotesque mise en scène. Les médias de gauche viennent inévitablement marteler les aberrations du candidat de droite en faisant l’apologie de celui de gauche et vice et versa. Le journalisme est-il tombé aussi bas au point de ne fournir qu’une suite de joutes idéologiques totalement dérisoires ?
Comment les électeurs peuvent-ils se faire leur opinion personnelle dans cet étalage de bêtises, durant une période pourtant charnière pour l’avenir de leur pays ?

Il semblerait plutôt qu’il soit question ici de désinformation. À en juger par la faible qualité et profondeur des débats que soulèvent les médias durant toute la période électorale, il semble plus difficile de s’informer efficacement sur la réalité des enjeux, du moins pour la classe populaire. De plus, l’abondance « d’informations » politiques occupe la totalité de la scène médiatique et s’empare de l’attention de la population. Cette forme d’aliénation profite à l’état qui peut minimiser l’impact de faits beaucoup plus graves, qui dès lors, s’oublieront rapidement dans le flot de nouvelles politiques.

Ainsi se déroule une bonne campagne électorale sous fond de hold up médiatique avec des électeurs pensent avoir librement choisit leurs idées mais a qui l’on a bandé les yeux pendant toute la durée des pré-élections.

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KONY 2012, la propagande moderne s’apparente à de la « pornographie émotive »

Jospeh-Kony
Celà remonte à quelque mois maintenant,  février 2012 lorsque les réseaux sociaux et la presse nous ont innondés d’un article avec une entête commune : KONY 2012.
J’ai particulièrement été marqué par cette campagne qui fut un des buzz médiathiques les plus efficaces de l’année dernière, car c’est justement sur ces même réseaux que j’ai pu observer cette campagne devenir virale, nottament auprès de mes amis qui semblaient tous avoir rejoint le camp des fervants défenseurs des enfants soldats d’Afrique sous l’égide de Jason Russell, le réalisteur de la vidéo KONY2012.

C’est donc avec une certaine surprise que j’ai pu observer les messages, vidéos, slogans et couleurs de la campagne venir se propager en moins de 24 heures chez de plus en plus de mes contacts, peu importe leur origines. Il était fascinant de se poser la question : Comment ? Comment en si peu de temps, un court métrage vidéo réussit-il à injecter une idée dans l’encéphale humain et la faire valoir comme si elle était un trait de caractère de la personne à part entière.
C’est à partir là que j’ai été animé par une très grande curiosité pour cette campagne. Après visionnement de la vidéo en question, j’ai entrepris le débat avec des amis… Grande surprise, il était difficile de se positionner en tant qu’opposant face certains partisants. Après avoir essuyé  critiques, cynisme, remise en question de ma maturité, il s’avérait que KONY 2012 était bien un sujet épineux, nottament pour l’une de mes amis avec laquelle je suis resté en de mauvais termes depuis le dernier débat qui s’est finalement clos sur le fait que ses études en grande école de droit international prévalaient sur mon simple parcours en multimedia et la disposait d’avantage à connaître les véritables enjeux de cette affaire…
Il n’a pas été long de comprendre que les gens se battent avec virulence, au point de mettre en danger leurs relations, pour une idée qu’il ne partageaient pas il y a moins de 24 heures. Il faut comprendre toutefois que le manque d’informations rendaient le raisonnement difficile pour cette campagne encore fraîche et je conçevais parfaitement que les questions soulevaient un sentiment d’inconfort chez mes interlocuteurs, acceptant difficilement l’idée de s’être fait manipuler.

Revons en arrière, qui est KONY ?
Kony Joseph est le Chef du groupe rebelle « L’Armée de résistance du Seigneur » (LRA) qui a déja tenté de renverser le gourvenement Ougandais dans les années 1980 afin de prendre la place Yoweri Museveni et d’instaurer une dictature Chrétienne basée sur la bible. Kony est effectivement un criminel recherché par la cour pénale internationale pour crimes de guerre et crime contre l’humanité.
La LRA est nottament connue pour sa barbarie, ses massacres, enlèvement d’enfants, viols et pillages et serait composé a 80% d’enfants soldats volés à leurs familles et forcés à se battre.

Il est tout a fait légitime donc qu’une campagne de sensibilation soit lancée face afin d’arrêter cet homme, ce qui l’est moins c’est le succès incroyable que cette vidéo à rencontrée, nottament parmis les nombreuses célébrités et politiques que côtoit Jason Russell qui ‘ont pas hésité à poster leur support sur les réseaux sociaux à l’aide de hastags au nom de Joseph Kony. En effet, Jason Russell et son équipe qui compose l’asscociation Invisible Children semblent être de vrais professionnels de la communication. Un tel pouvoir de lobbying n’est pas donné à tout le monde, surtout à une association charitative comme celle d’Invisible Children.
La campagne vidéo est touchante, un appel à la liberté en somme qui ébranlerait même les plus durs. Mais cette excès de bienveillance semble sur-joué et il suffit de visionner la vidéo pour se rendre compte à quel point certains passages ou protagonistes sont stéréotypés.

Invisible Children se dit être une association à but charitative et souhaite appuyer les troupes de l’armée Ougandaises avec les dons amassés pour une intervention militaire directe.
Le problème est qu’il y a là des incohérances fâcheuses :

– Invisible Children a été condamné à plusieurs reprises relativement à l’utilisation des dons que l’organisation à but non-lucratif a amassée. En 2011, l’organisation a dépensé 8 676 614 $ et seulement 32% des fonds a été utilisé au financement des activités sur le terrain.

– L’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), une milice que soutient le gouvernement Oudanais, que finance Jason Russell et son équipe ne sont pas plus innocents que le LRA, car déjà accusés dans le passé de barbarie, de viols et de pillages.

Erwin van der Borght, le directeur du programme Afrique d’Amesty remet quelque peu en question l’action de Invisible Children lors d’un communiqué consacré à l’opération KONY 2012 ou il déclare :

« toute personne qui se joint à la campagne se doit de faire valoir que les initiatives visant à arrêter Jospeh Kony doivent respecter les droits humains. »

Ces accusations viennent tâcher l’image de l’organisation bien que très floues lors du lancement de l’opération en février 2012, elles sont aujourd’hui parfaitement fondées. A l’heure qu’il est, la visibilité de la vidéo de Invisible Children a dépassé de loin les 50 millions de vues et la campagne KONY 2012 à séduit dès les premières 72H un nombre record de personne. Pourtant cette campagne est un exemple type de martelement médiatique dangereux qui touche ses cibles avec une facilité impressionnante et en un temps record, tout en usant de stratagèmes trompeurs et qui va à l’encontre des droits humains. On parle comme le souligne Chris Blattman, professeur à l’université de Yale, de manipulation des faits à but stratégique.

Vous êtes prévenus !

Plus d’informations concernant l’enjeu des Etats-Unis face à la Chine et des réserves de pétrole Ougandais : http://tv.globalresearch.ca/2012/03/us-launches-pr-campaign-ugandan-oil-intervention

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