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Quand la surveillance prend des airs de Minority Report

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Prédire les crimes avant même qu’ils ont eu lieu, voilà une idée tout droit sortit d’un film de science fiction. Minority Report nous a déjà familiarisé au concept, seulement cette fois, c’est une version fonctionnelle et expérimentée par la Police de Santa Clara en Californie depuis juillet 2011, qui nous est présentée. On est encore allé plus loin dans l’idée du Panopticon de Jeremy Bentham, l’œil voit tout, même ce qui ne s’est pas encore produit.

Le docteur en mathématiques, George Mohler et son équipe de choc à mis au point un logiciel d’analyse prédictive des crimes. Il part d’un constat simple ; Il est possible de prédire par des modèles mathématiques les secousses sismiques qui succèdent à un premier tremblement de terre qui lui est beaucoup moins prédictible. Ainsi, selon Dr.Mohler, les crimes n’échappent pas à la règle, si on se base sur le constat  et la fréquence des précédents crimes, il est possible de déterminer la probabilité qu’on les suivants de se produire.

C’est en analysant les 8 dernières années de données concernant les crimes et délits de  Santa Clara et en divisant la ville par zone de  22 500 m2 que le logiciel  du Dr.Mohler et son équipe propose quotidiennement une liste des 10 points « chauds » de la ville où la probabilité qu’un délit soit effectué est la plus forte. Ainsi la police dispatche ses unités en fonctions de ces zones. Dans le passé, les policiers de Santa Clara patrouillaient en fessant confiance à leur instinct, désormais il se réfèrent aux algorithmes de Mohler et cela semble fonctionner.

Espérons qu’à l’avenir, surveillance et technologies seront utilisés avec précaution, car de tels méthodes appliqués à l’analyse prédictive comportementale des individus menacerait l’un des droit humain le plus fondamental, la présomption d’innocence.

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La presse moderne n’informe pas, elle terrorise.

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Confortablement installé à la table d’un café à siroter un chocolat chaud, mon attention fut soudain attirée par le poste de télévision à l’autre bout de la pièce. Une fois de plus, il s’avérait que les médias avait accaparés la boite à images pour eux. A en juger par les images confuses, les bandeaux rouges défilants sur le bas de l’écran et la panique de la foule, j’étais prêt a parier qu’il s’agissait au moins, d’une nouvelle guerre mondiale qui débutait ou bien d’une révolte civile dans les pays occidentaux (enfin !).
Erreur, c’était le marathon de Boston en prise a 2 explosions de bombes artisanales. Cet attentat aussi malheureux qu’il en parait, n’a aujourd’hui, toujours pas été revendiqué. Pourtant cet acte « terroriste » aussi barbare soit-il, semble être du pain béni pour la presse qui s’en délecte avec vigueur. Il suffit de porter son regard vers tous les médias en cette journée du 15 avril pour se rendre compte du tsunami médiatique qu’un tel évenement déclenche. TV, radio, Tweeter, facebook, l’information est cousue et re-cousue a chaque nouvelle rectification ou trouvaille inédite. Un tel matraquage est il nécéssaire lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi épineux que le terrorisme ? Le terrorisme terroriserait-il autant s’il n’y avait pas la presse pour imposer sa terreur ?

C’est en tentant de répondre a ces questions que je suis tombé sur un poème anonyme que je trouve particulièrement inspirant et que je choisis de partager ici :

Mauvaise presse.

Au vu des titres qu’elle étale
Pour nous livrer ses impressions
Comment éviter la pression
De la presse unilatérale.

Les masses avalent et avalisent
L’information qui nous oppresse
Toute expression tenue en laisse
Si à la presse elle est soumise.

Quand les médias dans l’immédiat
Envoient en proie à l’analyse
Le fait que les masses banalisent
L’évènement nous ment déjà.

Le sempiternel monologue
Opportuniste et démagogue
Sa consommation boulimique
Font l’imposture médiatique.

Fin de déformation inique
Gavage de pensée unique
Qui invite à la dépression
Tout en nous mettant la pression.

Télé t’es laide rien ne plaide
Pour une vile soumission
Qui nous rappelle un temps plus raide
C’était la collaboration.

Moralité: la soumission des uns fait la prison des autres.
Libérons-nous, indignons-nous !

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L’homo consumericus et la société de décéption

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Les conséquences de l’individualisme ont mené notre société à consommer de manière plus hédoniste et personnelle, après une période de modernisation de la consommation amorcée dans les années 1950, nous entrons désormais dans l’ère de “l’hyper-consommation”.

Suite à la lecture du billet de mon camarade Richard Rabillon fort bien illustré au passage, sur la société de séduction et aussi pour approfondir les pistes de réflexion abordées en cours sur le texte de Lipovetsky, j’ai choisi d’axer mon analyse sur comment l’homme est passé d’une société de consommation qui tendait selon l’école de Francfort vers la standardisation, l’uniformisation des comportements et des goûts à une société hyper individualiste dans laquelle le consommateur n’est plus à la recherche de distinction social mais plutôt en perpétuelle quête de plaisir et d’expériences.

Selon Lipovetsky, la société d’hyper-consommation a apporté d’importants changements dans notre quotidien, souvent perçus négativement, il s’agit pourtant d’évolutions qui ne transforment pas uniquement la consommation en elle même mais aussi les comportements et les idéologies des individus.

La promesse du bonheur et de l’illusion du choix, méticuleusement étalée dans le quotidien des individus a laissé une cicatrice dans l’esprit des classes moyennes pour lesquelles la désillusion fut la plus grande. Difficile d’affronter la dure réalité du quotidien dans un tel étalage de rêves. La société d’hyper-consommation marque la cassure avec la culture de classes,  la consommation connaît désormais une dérégulation et ce qui était avant consommé par les élites est désormais consommé par tout le monde indépendamment du status social. Aujourd’hui, le consommateur moyen est d’avantage volatile et tend, par exemple, à consommer du luxe comme du low cost sans problème de distinction sociale.

Ce détachement vis à vis des cultures de classe tend l’hyper-consommateur à une individualisation marquée qui comprend la valorisation du plaisir, du choix et de son bien-être personnel. Ainsi, les individus ont développé une capacité à s’éloigner des institutions sociales et collaboratives, et ne souhaite plus être un tout mais reconnu dans leur singularité. Il en va de même avec la politique, l’église et les institutions communautaires en général. Cette disparition des « cadres » de vies semble être une bonne chose mais c’est aussi une absence que le consommateur moderne aura la responsabilité de combler lui même pour son bien-être.

Enfin, nouveauté et plaisir sont extrêmement lié dans notre société de déception. La frénésie consommatrice poussent les individus à renouveler leur quotidien par le biais de nouveautés, qui peuvent être matérielles mais pas seulement. On parle également de nouveautés dans les expériences que les hyper-consommateurs multiplient, cela va de même avec la sphère intime qui comprend les expériences amoureuses par exemple. Qui dit multitude d’expériences signifie également d’avantage de déceptions.
L’homo consumérisme serait-il donc plus enclin à être déçu un plus grand nombre de fois au cours de son existence ?

Le problème corps-esprit, notre conscience peut-elle être le fruit d’une simulation ?

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Ces films tel que Matrix ou encore Tron traitent le sujet avec justesse, je vais tâcher de ne pas trop m’égarer sur ce billet malgré que l’envie soit grande d’ouvrir le débat vers de nombreux sujets. L’un d’eux évoque le fait qu’aujourd’hui, le lien entre conscience/esprit et corps physique reste encore très flou aux yeux de la communauté scientifique.

Le problème corps-esprit fait partit des questions fondamentales à l’origine même de la philosophie de l’esprit de Platon. L’essentiel du problème est de déterminer la relation entre les processus mentaux et les processus corporels. Nous pouvons mouvoir dans l’espace comme bon nous semble et bouger chacune partie de notre corps sans difficulté, c’est irréfutable, la vraie question est de savoir comment « l’expérience consciente » peut réussir à mettre en mouvement un corps physique (neurones, nerfs, muscles…). Comment l’immatériel peut provoquer une force afin d’animer des objets matériels ?

Il existe deux théories majeures dans la philosophie de l’esprit qui sont opposées ainsi que de nombreuses nuances dépendant des penseurs et de l’époque. Le Monisme, pensée qui admet que l’esprit et la matière sont unis, s’oppose au Dualisme qui croit en une indépendance entre la conscience et le corps.
Suivant les théorie dualistes, il est donc possible de distinguer le corps de ce qui le contrôle, la conscience. Qu’est ce qui peut donc déterminer si cette conscience n’est pas contrôlée extérieurement ?

Le dualisme est caractérisé par les traits suivants : le corps est localisé dans l’espace et le temps ; il peut être connu par les sens, et il peut être l’objet des sciences qui en recherchent les mécanismes causaux ; l’esprit (ou l’âme), en revanche, est localisé dans une intériorité qui n’est ni visible, ni, en conséquence, reconnaissable par autrui : l’esprit ne peut dès lors être l’objet d’une science, car il échappe au mode d’existence causal de la matière.
| wikipedia

Creusons maintenant notre réflexion en prenant pour exemple une  expérience de pensée (Méditations Métaphysiques) inventée par Descartes et qui propose une vision particulièrement intéressante du problème corps-esprit  en admettant que l’homme est capable uniquement de juger de sa conscience unique, de son « moi » mais qu’il est strictement incapable de déterminer de l’existence réel des consciences qui l’entourent, c’est à dire des autre hommes.

 » Regardant dans la rue par la fenêtre, je vois « des chapeaux et des vêtements » qui se meuvent ; comment puis-je savoir que ce ne sont pas des machines qui les font se mouvoir, plutôt que des hommes tels que moi? Le problème du dualisme est que dans cette « expérience de pensée », la seule connaissance de la réalité spirituelle est celle que chacun possède dans une sphère « privée » que l’on nomme » intériorité » ; il en découle que je ne peux attribuer un esprit à autrui que dans la mesure où ce qui apparaît « publiquement » de lui se conforme à une conduite intelligible à laquelle je peux rattacher des motivations, des décisions, etc., qui me sont propres. Je ne sais donc jamais avec toute la certitude voulue si autrui est aussi un esprit, en plus d’être le corps que je vois. L’esprit, selon cette hypothèse, semble devenir ce que l’on a appelé un fantôme dans la machine  » (Ryle) | wikipedia.

Nous ne sommes plus très loin d’une possible réalité simulée digne des Matrix avec certaines théories telle que la propose Nick Bostrom avec le Principe d’indépendance du substrat  qui suppose que la conscience n’est pas matériellement rattachée au cerveau (cellules, molécules…) mais plutôt à des caractéristiques particulières du cerveau qui peuvent être reproduites par ordinateur  à l’aide d’une simulation informatique dans laquelle on simulerait une conscience.
Dès lors se posent l’Hypothèse de simulation qui induit que notre réalité n’est en fait qu’une simulation vraisemblablement générée par ordinateur ou une autre technologie et dans laquelle les entités qui y évoluent ne peuvent distinguer la réalité.
Dans notre réalité « actuelle », la technologie ne permettrait actuellement pas de simuler un monde comme le notre mais quant est-il de la réalité « originelle » ?

KONY 2012, la propagande moderne s’apparente à de la « pornographie émotive »

Jospeh-Kony
Celà remonte à quelque mois maintenant,  février 2012 lorsque les réseaux sociaux et la presse nous ont innondés d’un article avec une entête commune : KONY 2012.
J’ai particulièrement été marqué par cette campagne qui fut un des buzz médiathiques les plus efficaces de l’année dernière, car c’est justement sur ces même réseaux que j’ai pu observer cette campagne devenir virale, nottament auprès de mes amis qui semblaient tous avoir rejoint le camp des fervants défenseurs des enfants soldats d’Afrique sous l’égide de Jason Russell, le réalisteur de la vidéo KONY2012.

C’est donc avec une certaine surprise que j’ai pu observer les messages, vidéos, slogans et couleurs de la campagne venir se propager en moins de 24 heures chez de plus en plus de mes contacts, peu importe leur origines. Il était fascinant de se poser la question : Comment ? Comment en si peu de temps, un court métrage vidéo réussit-il à injecter une idée dans l’encéphale humain et la faire valoir comme si elle était un trait de caractère de la personne à part entière.
C’est à partir là que j’ai été animé par une très grande curiosité pour cette campagne. Après visionnement de la vidéo en question, j’ai entrepris le débat avec des amis… Grande surprise, il était difficile de se positionner en tant qu’opposant face certains partisants. Après avoir essuyé  critiques, cynisme, remise en question de ma maturité, il s’avérait que KONY 2012 était bien un sujet épineux, nottament pour l’une de mes amis avec laquelle je suis resté en de mauvais termes depuis le dernier débat qui s’est finalement clos sur le fait que ses études en grande école de droit international prévalaient sur mon simple parcours en multimedia et la disposait d’avantage à connaître les véritables enjeux de cette affaire…
Il n’a pas été long de comprendre que les gens se battent avec virulence, au point de mettre en danger leurs relations, pour une idée qu’il ne partageaient pas il y a moins de 24 heures. Il faut comprendre toutefois que le manque d’informations rendaient le raisonnement difficile pour cette campagne encore fraîche et je conçevais parfaitement que les questions soulevaient un sentiment d’inconfort chez mes interlocuteurs, acceptant difficilement l’idée de s’être fait manipuler.

Revons en arrière, qui est KONY ?
Kony Joseph est le Chef du groupe rebelle « L’Armée de résistance du Seigneur » (LRA) qui a déja tenté de renverser le gourvenement Ougandais dans les années 1980 afin de prendre la place Yoweri Museveni et d’instaurer une dictature Chrétienne basée sur la bible. Kony est effectivement un criminel recherché par la cour pénale internationale pour crimes de guerre et crime contre l’humanité.
La LRA est nottament connue pour sa barbarie, ses massacres, enlèvement d’enfants, viols et pillages et serait composé a 80% d’enfants soldats volés à leurs familles et forcés à se battre.

Il est tout a fait légitime donc qu’une campagne de sensibilation soit lancée face afin d’arrêter cet homme, ce qui l’est moins c’est le succès incroyable que cette vidéo à rencontrée, nottament parmis les nombreuses célébrités et politiques que côtoit Jason Russell qui ‘ont pas hésité à poster leur support sur les réseaux sociaux à l’aide de hastags au nom de Joseph Kony. En effet, Jason Russell et son équipe qui compose l’asscociation Invisible Children semblent être de vrais professionnels de la communication. Un tel pouvoir de lobbying n’est pas donné à tout le monde, surtout à une association charitative comme celle d’Invisible Children.
La campagne vidéo est touchante, un appel à la liberté en somme qui ébranlerait même les plus durs. Mais cette excès de bienveillance semble sur-joué et il suffit de visionner la vidéo pour se rendre compte à quel point certains passages ou protagonistes sont stéréotypés.

Invisible Children se dit être une association à but charitative et souhaite appuyer les troupes de l’armée Ougandaises avec les dons amassés pour une intervention militaire directe.
Le problème est qu’il y a là des incohérances fâcheuses :

– Invisible Children a été condamné à plusieurs reprises relativement à l’utilisation des dons que l’organisation à but non-lucratif a amassée. En 2011, l’organisation a dépensé 8 676 614 $ et seulement 32% des fonds a été utilisé au financement des activités sur le terrain.

– L’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), une milice que soutient le gouvernement Oudanais, que finance Jason Russell et son équipe ne sont pas plus innocents que le LRA, car déjà accusés dans le passé de barbarie, de viols et de pillages.

Erwin van der Borght, le directeur du programme Afrique d’Amesty remet quelque peu en question l’action de Invisible Children lors d’un communiqué consacré à l’opération KONY 2012 ou il déclare :

« toute personne qui se joint à la campagne se doit de faire valoir que les initiatives visant à arrêter Jospeh Kony doivent respecter les droits humains. »

Ces accusations viennent tâcher l’image de l’organisation bien que très floues lors du lancement de l’opération en février 2012, elles sont aujourd’hui parfaitement fondées. A l’heure qu’il est, la visibilité de la vidéo de Invisible Children a dépassé de loin les 50 millions de vues et la campagne KONY 2012 à séduit dès les premières 72H un nombre record de personne. Pourtant cette campagne est un exemple type de martelement médiatique dangereux qui touche ses cibles avec une facilité impressionnante et en un temps record, tout en usant de stratagèmes trompeurs et qui va à l’encontre des droits humains. On parle comme le souligne Chris Blattman, professeur à l’université de Yale, de manipulation des faits à but stratégique.

Vous êtes prévenus !

Plus d’informations concernant l’enjeu des Etats-Unis face à la Chine et des réserves de pétrole Ougandais : http://tv.globalresearch.ca/2012/03/us-launches-pr-campaign-ugandan-oil-intervention

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