L’homo consumericus et la société de décéption

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Les conséquences de l’individualisme ont mené notre société à consommer de manière plus hédoniste et personnelle, après une période de modernisation de la consommation amorcée dans les années 1950, nous entrons désormais dans l’ère de “l’hyper-consommation”.

Suite à la lecture du billet de mon camarade Richard Rabillon fort bien illustré au passage, sur la société de séduction et aussi pour approfondir les pistes de réflexion abordées en cours sur le texte de Lipovetsky, j’ai choisi d’axer mon analyse sur comment l’homme est passé d’une société de consommation qui tendait selon l’école de Francfort vers la standardisation, l’uniformisation des comportements et des goûts à une société hyper individualiste dans laquelle le consommateur n’est plus à la recherche de distinction social mais plutôt en perpétuelle quête de plaisir et d’expériences.

Selon Lipovetsky, la société d’hyper-consommation a apporté d’importants changements dans notre quotidien, souvent perçus négativement, il s’agit pourtant d’évolutions qui ne transforment pas uniquement la consommation en elle même mais aussi les comportements et les idéologies des individus.

La promesse du bonheur et de l’illusion du choix, méticuleusement étalée dans le quotidien des individus a laissé une cicatrice dans l’esprit des classes moyennes pour lesquelles la désillusion fut la plus grande. Difficile d’affronter la dure réalité du quotidien dans un tel étalage de rêves. La société d’hyper-consommation marque la cassure avec la culture de classes,  la consommation connaît désormais une dérégulation et ce qui était avant consommé par les élites est désormais consommé par tout le monde indépendamment du status social. Aujourd’hui, le consommateur moyen est d’avantage volatile et tend, par exemple, à consommer du luxe comme du low cost sans problème de distinction sociale.

Ce détachement vis à vis des cultures de classe tend l’hyper-consommateur à une individualisation marquée qui comprend la valorisation du plaisir, du choix et de son bien-être personnel. Ainsi, les individus ont développé une capacité à s’éloigner des institutions sociales et collaboratives, et ne souhaite plus être un tout mais reconnu dans leur singularité. Il en va de même avec la politique, l’église et les institutions communautaires en général. Cette disparition des « cadres » de vies semble être une bonne chose mais c’est aussi une absence que le consommateur moderne aura la responsabilité de combler lui même pour son bien-être.

Enfin, nouveauté et plaisir sont extrêmement lié dans notre société de déception. La frénésie consommatrice poussent les individus à renouveler leur quotidien par le biais de nouveautés, qui peuvent être matérielles mais pas seulement. On parle également de nouveautés dans les expériences que les hyper-consommateurs multiplient, cela va de même avec la sphère intime qui comprend les expériences amoureuses par exemple. Qui dit multitude d’expériences signifie également d’avantage de déceptions.
L’homo consumérisme serait-il donc plus enclin à être déçu un plus grand nombre de fois au cours de son existence ?

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Une réflexion sur “L’homo consumericus et la société de décéption

  1. annerenaud dit :

    Bonjour,

    Votre article est très intéressant et rejoint plusieurs réflexions des participantes d’un projet nommé Projet 10. Je vous invite à en prendre connaissance ici: http://www.projet10.net.

    Me permettez-vous de vous citer dans un de mes prochains billets? 🙂

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