Archives Mensuelles: mars 2013

Bankrun 2013, arme de terreur pour citoyen abusé.

First Great Bank Run of 2011
La crise financière mondiale s’est amorcée aux États Unis suite au krach des prêts immobiliers de 2006 suivit de la crise financière de plusieurs établissements financiers américains en 2008, qui rentrent alors en cessation de payement et nécessitent l’intervention de la Réserve fédérale américaine (FED). S’en suit une crise mondiale qui touchent tous les pays du monde, notamment l’Europe dont plusieurs institutions financières connaissent de graves difficultés financières et nécessitent l’intervention de la Banque centrale européenne afin d’être sauvé.

Peut on voir dans cette crise les abus et limites du capitalisme financier ?

C’est en tout cas ce que dénoncent des mouvements comme Occupy Wall Street ou encore le Mouvement des Indignés en Espagne qui dénoncent tous deux un excès de libéralisme sur les marchés financiers et une politique d’austérité qui dévalorise les travailleurs au profits des acteurs du marchés.

Nous somme aujourd’hui en crise et pourtant, comment expliquer que les profits du CAC40 ont doublés, que l’écart de salaire entre le dirigeant et le salarié est plus haut que jamais, que le chômage des jeunes atteint 25% (45% en Espagne !)

Il semblerait que les seuls victimes de la crise soit bien la force de travail c’est à dire les citoyens a qui les plans d’austérité mis en place par les dirigeants politiques font payer le prix cher pour une crise dont ils ne sont mêmes pas responsables.
Une politique d’austérité mène inexorablement à une augmentation des impôts et une réduction des dépenses publiques et « sociales » sans compter une réduction des salaires et une précarisation du travail en général afin de rendre les investissement rentables.

Pourquoi les citoyens devraient-ils payer pour le laxisme dont ont fait preuve les marchés, banques et politiques quant à la gestion des ressources financières et la non mise en place de moyens de protection au cours des dernières décénnies ?

Le capitalisme à mené les politiques a soutenir qu’en finance, la meilleure des règles était de ne pas en avoir. Nous avons pu constater les limites de ce système et c’est de ce constat que des milliers de personnes ont milité en faveur de la revalorisation du citoyen au centre de la démocratie, souvent sans aboutissement concret de la part des dirigeants. Le travailleur continue à subir les conséquences de la crise.

Un Bankrun est-il envisageable dans notre pays ?

Si manifester est un droit inexorable que possède tout citoyen afin d’exprimer son désaccord avec la politique de son pays, il existe une autre alternatives légale et non-violente dont chaque individu bénéficie ; celle de retirer ses propres capitaux de l’économie.
Ainsi, lorsque plusieurs milliers de personnes réclament le solde de leur banque en liquidités, les dirigeants du pays ne peuvent que s’affoler quant au devenir de leur économie.
Ce phénomène s’appelle un bankrun et nous en avons eu l’exemple très récemment avec Chypre, suite à l’instauration d’une taxe sur les dépôt bancaires. Des milliers de personnes craignant la taxe se sont précipité vers les banques afin de vider leur compte ou de le transférer.

Ce phénomène met à mal les institutions financières et certains économistes n’hésitent pas à avouer que si une telle situation se produit, les banques ne seront pas en mesure de restituer leur fortune aux propriétaires. Pourtant le risque de propagation du cas de Chypre vers l’Europe ou le reste du monde est bien réel, la confiance envers les marchés disparait d’avantage de jour en jour. Tandis que les populations bourgeoises ont déjà entamé la protection de leurs capitaux, les classes moyennes ne se doute pas encore du réel danger qui pèse sur l’économie.

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Que serait notre culture sans le téléchargement illégal ? 


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Souvenez-vous des messages anti-copie diffusés avant les films produits par hollywood, promettant une tape sur les doigts par le FBI à celui qui ose faire une copie du produit divin.
 Ces images laissaient un sentiment étrange dans l’esprit des spectateurs qui pour la plupart étaient habitués à partager leur « contenus » avec leurs voisins ou leur amis et ce de manière tout à fait banalisé comme on partagerait de la nourriture ou un livre. Pour quelles raisons « partager » avec une personne consentante devrait être dorénavant condamnable au même titre que voler une voiture ou dérober le sac d’une personne ?

Cela fait maintenant plus d’une décennie que les éditeurs de contenu culturel s’entêtent à vouloir imposer leur protection du copyright et autre moyen de lutte contre la copie. Les industries du disque, du livre, du cinéma se sont toujours estimés comme les grandes victime du téléchargement pourtant aujourd’hui l’affluence vers les concerts et salles de cinéma est d’autant plus grande que dans le passé. Alors peut on réellement parler de perte pour les éditeurs de contenu ou plutôt de « rupture avec les modèles économiques traditionnels » qui semble un terme plus approprié. 

Après tant d’années de bataille, de mise en place de moyens de protection, de dissuasion, de répression, l’industrie de la culture semble aujourd’hui faire profil bas… Étonnant que des lobbys aussi puissants baissent les bras, notamment après la tentative de mise en place de programmes d’envergures tels que SOPA (Stop Online Piracy Act), PIPA (PROTECT-IP Act), ACTA, Hadopi 1 & 2 (en France). 
Il n’y a en vérité rien d’étonnant que ces industries se soient longtemps lamentés au sujet du partage de fichiers sur internet car c’est en pointant du doigt la « gravité » du téléchargement et l’impact que cela implique pour la culture que ces mêmes industries ont en quelque sorte « diabolisé » le téléchargement et sont ainsi parvenu à valoriser le téléchargement légal au point d’augmenter les prix de leurs produits pourtant dématérialisés. Acheter un album par le biais des premières formules de téléchargement légale était donc plus cher et plus contraignant pour le consommateur que de l’obtenir physiquement. 
Ainsi les éditeurs, bien conscients qu’Internet a amené un changement dans les habitudes de consommation se sont préparés au changement en préparant silencieusement leurs chevaux de course et cela tout en pointant du doigt le pseudo-manque à gagner pour eux, justifiant la hausse des prix.

« Le téléchargement illégal menace notre exception culturelle »

Voilà le genre de déclarations que l’on pouvait entendre lors des campagnes menés par les éditeurs de contenu visant à la création de textes de loi spécialisés. Mais quant est il réellement aujourd’hui des ravages du téléchargement ?

De nombreux artistes ne cachent pas leur bienveillance vis-à-vis du téléchargement. Brodinski, DJ français par exemple a affirmé à la radio que sans le téléchargement il ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Selon eux, le téléchargement ne nuit pas aux artistes ni même aux éditeurs. Au contraire, il semblerait que le changement dans la manière de consommer à amener un glissement des ventes car même s’il est vrai qu’un titre téléchargé équivaut à une perte pour les maison de disque, les salles de concerts, de cinéma et la vente de livres sont en hausse depuis 2000. Selon une étude co-réalisé par deux étudiants d’Harvard, entre 2002 et 2007 l’édition de livres à augmentée de 66%, la production annuelle d’albums à doubler depuis 2000 et la production mondiale de film grand public à augmentée de 30%. Voilà ce qui explique pourquoi les éditeurs se sont fait une raison et sont plutôt laxistes sur ce sujet, le téléchargement équilibre le marché et fait vendre au final d’avantage de produits. Était-il donc nécessaire pour les éditeurs de cracher dans la soupe dans laquelle ils mangent aujourd’hui ?

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L’homo consumericus et la société de décéption

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Les conséquences de l’individualisme ont mené notre société à consommer de manière plus hédoniste et personnelle, après une période de modernisation de la consommation amorcée dans les années 1950, nous entrons désormais dans l’ère de “l’hyper-consommation”.

Suite à la lecture du billet de mon camarade Richard Rabillon fort bien illustré au passage, sur la société de séduction et aussi pour approfondir les pistes de réflexion abordées en cours sur le texte de Lipovetsky, j’ai choisi d’axer mon analyse sur comment l’homme est passé d’une société de consommation qui tendait selon l’école de Francfort vers la standardisation, l’uniformisation des comportements et des goûts à une société hyper individualiste dans laquelle le consommateur n’est plus à la recherche de distinction social mais plutôt en perpétuelle quête de plaisir et d’expériences.

Selon Lipovetsky, la société d’hyper-consommation a apporté d’importants changements dans notre quotidien, souvent perçus négativement, il s’agit pourtant d’évolutions qui ne transforment pas uniquement la consommation en elle même mais aussi les comportements et les idéologies des individus.

La promesse du bonheur et de l’illusion du choix, méticuleusement étalée dans le quotidien des individus a laissé une cicatrice dans l’esprit des classes moyennes pour lesquelles la désillusion fut la plus grande. Difficile d’affronter la dure réalité du quotidien dans un tel étalage de rêves. La société d’hyper-consommation marque la cassure avec la culture de classes,  la consommation connaît désormais une dérégulation et ce qui était avant consommé par les élites est désormais consommé par tout le monde indépendamment du status social. Aujourd’hui, le consommateur moyen est d’avantage volatile et tend, par exemple, à consommer du luxe comme du low cost sans problème de distinction sociale.

Ce détachement vis à vis des cultures de classe tend l’hyper-consommateur à une individualisation marquée qui comprend la valorisation du plaisir, du choix et de son bien-être personnel. Ainsi, les individus ont développé une capacité à s’éloigner des institutions sociales et collaboratives, et ne souhaite plus être un tout mais reconnu dans leur singularité. Il en va de même avec la politique, l’église et les institutions communautaires en général. Cette disparition des « cadres » de vies semble être une bonne chose mais c’est aussi une absence que le consommateur moderne aura la responsabilité de combler lui même pour son bien-être.

Enfin, nouveauté et plaisir sont extrêmement lié dans notre société de déception. La frénésie consommatrice poussent les individus à renouveler leur quotidien par le biais de nouveautés, qui peuvent être matérielles mais pas seulement. On parle également de nouveautés dans les expériences que les hyper-consommateurs multiplient, cela va de même avec la sphère intime qui comprend les expériences amoureuses par exemple. Qui dit multitude d’expériences signifie également d’avantage de déceptions.
L’homo consumérisme serait-il donc plus enclin à être déçu un plus grand nombre de fois au cours de son existence ?